GAËL FAYE + PERCEPOLIS
Le Metronum le Vendredi 10/03/17
Live report

Ce Vendredi 10 Mars, le rendez-vous est pris au Metronum pour le concert presqu’à guichet fermé du rappeur et écrivain français Gaël Faye.

J’avoue que je tenais à le voir sur scène après avoir dévoré son émouvant premier roman. Je fais donc partie du tiers de personnes dans le public à être venu le découvrir grâce à son livre. 

Live report : Solenne Menuel
Photographie :
Yann Monesma

 

20h30 au Bikini, ce dernier soir de Novembre, la salle est encore peu remplie mais aux platines, ça commence à dépoter dur et pour un bon moment !

PERCEPOLIS

Mais tout d’abord c’est le rappeur toulousain Percepolis qui démarre la soirée. Malheureusement je ne pourrais pas vous en dire d’avantage car malgré l’énergie qu’essaie de dégager les trois artistes sur scène, j’ai du mal à accrocher. Le flow est par moment mal gérer et quelques fausses notes sont à déplorer. Mais le groupe est content d’être sur scène et il le montre gentiment.

En savoir d’avantage :
https://www.facebook.com/Percepolisband

 

Le public de tout âge et de tout horizon commence à se masser dans le Metronum. Mais l’attente n’est pas trop longue, juste quinze petites minutes pour le changement de plateau.

 

GAËL FAYE

Ce soir, le rendez-vous est pris au Metronum pour le concert presqu’à guichet fermé du rappeur et écrivain français Gaël Faye.
J’avoue que je tenais à le voir sur scène après avoir dévoré son émouvant premier roman. Je fais donc partie du tiers de personnes dans le public à être venu le découvrir grâce à son livre.

Mais Gaël Faye ce n’est pas que « Petit Pays ». C’est tout d’abord un grand artiste qui rap, écrit et slam depuis 2008. Les mots dansent, volent et se percutent autant sur scène que dans son livre.

La salle est plongée dans le noir avec seulement un stroboscope bleu qui clignote et les sons des machines et du piano qui résonne lorsqu’arrive sagement Gaël Faye devant son micro.

Avant de commencer à chanter il présente ses deux musiciens, DJ Blanka aux machines (dont sa surprenante coupe de cheveux fait parler d’elle parmi le public !) et Guillaume Poncelet au piano et trompette.

Il commence donc par le très beau titre « Solstice » puis continue par « Tôt le matin ». C’est par ses titres qu’il nous présente son projet musical  «  Rythme et Botanique » en nous indiquant que l’album a été conçu au bord du Lac Kivu, au Rwanda, son pays d’origine ou il vit maintenant et passe la plupart de son temps. Le troisième titre «  TV » est un petit résumé de son livre. Il nous décrit la vie d’un petit garçon rwandais qui arrive au milieu du béton dans les années 80.

Gaël Faye discute beaucoup entre chaque morceau et comme il dit «  les rappeurs sont de vrais pipelettes » mais c’est pour notre plus grand plaisir !

Sur le titre «  Paris Métèque » il nous offre un Paris vu de ses yeux. Ce n’est pas seulement un Paris avec « la Tour Eiffel et la mode » mais c’est une ville si cosmopolite et si difficile à la fois.

Puis, il nous raconte la petite histoire du morceau « Dinosaure » où une de ses deux filles lui a un jour demandé «  dis papa, pourquoi ils sont morts les dinosaures » ce qui l’a inspiré puisqu’il a écrit une chanson.

Il dédie le morceau «  Ballade brésilienne » à un pote qui s’est fait malheureusement « jeté » par une brésilienne lors d’une soirée. Petit clin d’œil entre copains. Ce titre nous entraîne de l’autre côté de l’atlantique avec un air de bossa-nova sensuelle. Je suis impressionnée par Guillaume Poncelet, qui jouant l’air au piano de la main gauche, saisira sa trompette de la main droite, utilisant les deux instruments simultanément.

Personnellement J’ai beaucoup aimé « Trop courir » avec sa belle intro au piano et ses paroles critiquant notre monde moderne et ses petits sons d’oiseaux en forêt.

Je suis magnifiquement étonnée par énergie de cet artiste, sa prestance et son charisme sur scène. Toujours souriant, toujours donnant plein d’anecdotes à son public qui apprécie ces multiples échanges.

Sur le titre « L’ennui » il nous conte seul au micro une belle et nostalgique histoire accompagné seulement par le piano. Joli moment d’émotion.

Après ce petit moment de calme, arrive le titre « Tropical » sur lequel le public ondule tout en douceur grâce aux airs latins lancés par DJ Blanka, Gaël Faye demande à son ingénieur son de balancer des lumières tropicales. Il s’exclame «  là de suite il va s’abattre une chaleur de 50° dans la salle ». Le public répète « tropical » en dansant sur ses airs latinos. Gaël Faye termine la chanson en chuchotant «  ça c’est un hippopotame » lorsqu’on entend un barrissement.
 
Il a chaud donc veut ôter sa veste et pour cela tend le micro à un monsieur devant lui pour lequel il lui demande de raconter la journée de son fils à côté de lui. Eclat de rires du public lorsque ce pauvre papa dit au Metronum qu’il a oublié de donner le goûter de Tom pour le CLAE du soir. Gaël Faye reprend le micro en disant «  père indigne » et enchaîne en demander à la salle de se séparer en 2, (un paradoxe pour celui qui cherche toujours à rassembler les gens), le but étant simplement de faire chanter -faya faya- aux spectateurs lors du refrain de sa chanson « Freestyle faya », chanson qui se terminera par une ovation… le public adore.

Dans la foulée on a droit à une petite battle entre DJ Blanka et Guillaume à la trompette, avant que Gaël n’entonne « je pars », un morceau d’inspiration cubaine bien connu de son premier album et dans lequel DJ Blanka nous glissera un petit mix avec du Coolio et « Gangster’s paradise », et effectivement à la fin…, il part !
 

Mais pas d’inquiétude car très vite le revoilà pour nous parler de son premier album, mais aussi de son roman racontant son enfance et ses longues après-midi d’ennui.

Il revient pour un rappel de trois titres.

C’est ensuite en mode piano/voix qu’il interprètera cette chanson pleine d’humanité qu’est « Metis », où il donne une anecdote d’une personne qui lui a demandé un jour « de rentrer dans son pays » , puis « Irruption » dont le clip est finalisé

Il terminera son set et cette belle soirée par « ma femme », cet hommage à sa femme, sa première inspiration, sa muse toujours présente à ses côtés pour l’encourager et qu’il a voulu remercier au travers de ce morceau conçu avec Guillaume, son fidèle acolyte depuis le début.

Je repars du Metronum totalement enchantée de ce moment.

Poètes de l’errance, du voyage, du métissage et surtout de l’espoir, Gaël Faye nous ont offert un voyage dépaysant avec des flows sans fioritures qui dépeignent une réalité souvent complexe sur des mélodies douces et bariolées.

En savoir d’avantage :
https://www.facebook.com/Gaelfaye

2lives remercie Bleu Citron et Le Metronum pour nous avoir permis d’assister à cet événement…

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